Saint Vincent Ferrier

Interview de Mgr Centène

Chrétiens en Morbihan, Solange GOURAUD

Perspectives de rentrée

Monseigneur Centène a nommé, en juin, trois vicaires généraux : le père Jean-Yves Le Saux, le père Philippe Le Bigot et le père Ivan Brient. Après une première réunion de travail avec sa nouvelle équipe, début septembre, notre évêque fait le point sur l’organisation du diocèse, sa ligne pastorale et un des grands chantiers pour les années à venir : la restructuration des paroisses.

 

Chrétiens en Morbihan :Pourquoi souhaitez-vous vous entourer de trois vicaires généraux ?

 Mgr Centène : C’est une nouvelle organisation qui va permettre une plus grande proximité avec le territoire. Le père Jean-Yves Le Saux, qui va résider à l’évêché, est le modérateur de la Curie diocésaine : il a la charge de toute la dimension administrative et canonique du diocèse. Les pères Ivan Brient et Philippe Le Bigot se partagent le suivi territorial et pastoral de notre diocèse, en tenant compte de ses traditions culturelles. Ivan Brient s’occupe, dans sa mission, des pays de Lorient, Le Faouët, Pontivy, Auray, toute la partie bretonnante du Morbihan. Philippe Le Bigot est plus particulièrement chargé de suivre les affaires du pays gallo : Vannes, Ploërmel, Guer, Locminé et la Roche-Bernard. 

 

Vous avez commencé à travailler avec vos nouveaux vicaires généraux.  Quelles perspectives se dessinent cette année ?

 D’abord, les orientations diocésaines de ces dernières années sont toujours d’actualité : le projet missionnaire Communion pour la mission est encore à l’œuvre ; la mission n’est jamais finie et la communion reste toujours à construire et à développer. Le parcours de formation sur les Actes des apôtres, démarré l’an dernier, continue cette année dans le même esprit. Et la perspective pour les deux années à venir, c’est le jubilé de saint Vincent Ferrier qui va démarrer en 2018.

 

Comment cet anniversaire peut-il constituer une ligne directrice pour le diocèse ? Les Morbihannais ne se sentent pas tous concernés par la figure de saint Vincent Ferrier, mort il y a bientôt 600 ans.

 L’important, dans cette commémoration, c’est l’esprit de saint Vincent Ferrier et les grandes dimensions de son œuvre. D’abord l’évangélisation, la mission. Saint Vincent Ferrier était légat du pape, il a voyagé dans toute l’Europe pour annoncer la foi chrétienne. Aujourd’hui, la mission nous concerne tous, que l’on soit de Vannes ou pas, que saint Vincent Ferrier soit mort dans notre ville ou non.

 Une autre belle dimension de son œuvre est son travail pour l’unité de tous les hommes. Très concrètement, il a travaillé à l’unité de l’Espagne par le compromis de Caspe qui a été à l’origine de la réunification espagnole. Il a également œuvré à l’unité de l’Église : très ami de Benoit XIII, un des antipapes d’Avignon, il s’est rallié à la fin de sa vie au vrai pape, renonçant ainsi à toutes les amitiés et à l’œuvre d’une partie de sa vie. Ce souci de l’unité de l’Église est plus que jamais d’actualité aujourd’hui.

 La troisième dimension de l’œuvre de saint Vincent Ferrier, c’est la charité qu’il a exercé de plusieurs manières. Il avait un don de thaumaturge et c’est à travers ses miracles qu’il a contribué à soulager ses contemporains. Aujourd’hui, cela se fait à travers la diaconie, le souci des plus pauvres, l’accueil des réfugiés et de mille manières.

 Dernière particularité de ce grand saint : sa prédication sur les fins dernières, et en particulier sur le jugement dernier. C’est un aspect que l’Église ne doit pas négliger parce que la question des fins dernières est, au fond, celle du sens de la vie. Pourquoi sommes-nous sur terre ? Dans quel but ?

 Voilà pourquoi les grandes thématiques du jubilé de saint Vincent Ferrier forment la ligne directrice de l’action pastorale à mener par le diocèse.

  

Un des chantiers de la nouvelle équipe épiscopale est la restructuration territoriale des paroisses. Comment va-t-elle se faire ?

 Notre diocèse compte 299 paroisses, certaines très grandes, d’autres toutes petites de 300 ou 400 habitants. Aujourd’hui, nous sommes amenés à reconsidérer leur structure, et peut-être leur nombre, pas tant par manque de prêtres que parce que les communautés se sont affaiblies et ne sont pas toujours renouvelées. Les trois dimensions de la mission de l’Église : annonce de la parole, prière et charité ne sont plus toujours assurées dans les petites paroisses. Il faut qu’elles arrivent à travailler ensemble, pas forcément en se regroupant, au sens canonique, pour ne faire qu’une paroisse, mais au moins en mettant leurs forces en commun dans des ensembles paroissiaux.

 Ensuite, il y a des pays ruraux comme Ploërmel ou Pontivy, Guer, La Roche-Bernard, et des pays urbains comme Vannes et Lorient dans lesquels les réalités sont très différentes. Les structures demandent à être réajustées.

 Ce travail va s’effectuer pendant plusieurs années. Mais le chantier principal, c’est toujours celui de faire aimer le Bon Dieu. Et là, c’est un chantier pour l’éternité !

 


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